Bordeaux est sans doute l'une des grandes villes françaises qui se visitent le mieux sans voiture. Son centre historique, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2007 sous le nom de « Port de la Lune », tient presque entier le long d'un arc de la Garonne. Six lignes de tram, des vélos en libre-service et des navettes fluviales font le reste.
Beaucoup de visiteurs arrivent pourtant en voiture, depuis la côte, le Périgord ou le reste de la Nouvelle-Aquitaine. La bonne méthode tient en une phrase : garer la voiture une fois pour tout le week-end, puis l'oublier jusqu'au départ. Voici comment faire, et quoi voir en deux jours.
Où laisser sa voiture pour le week-end
La rue, une fausse bonne idée
À Bordeaux, le stationnement en voirie est payant de 9 h à 19 h, sauf le dimanche et les jours fériés. La durée sur un même emplacement est surtout limitée à 24 heures consécutives : une voiture laissée du samedi matin au dimanche soir est en infraction, même avec un ticket payé.
Les parcs-relais TBM, parfaits pour une journée
La ville compte 28 parcs-relais, en périphérie, au bout des lignes de tram. Le ticket parc-relais, à 4,50 € en 2026, couvre le stationnement de la journée et le trajet en tram des occupants de la voiture. Pour un week-end, c'est moins simple : la plupart fonctionnent à la journée, et seuls certains acceptent des séjours courts de deux à cinq jours.
Un parking réservé pour tout le séjour
Si vous dormez dans le centre, un parking couvert réservé à l'avance reste l'option la plus confortable. Vous déposez les bagages à l'hôtel, et la voiture ne bouge plus jusqu'au départ. Des plateformes comme Onepark regroupent des parkings publics, d'hôtels et de partenaires, avec une place garantie et des tarifs souvent inférieurs au prix affiché à la barrière.
Avant de réserver, comparez les offres de parking à Bordeaux selon votre quartier d'hébergement. Privilégiez un parking à quelques minutes à pied de l'hôtel et proche d'un arrêt de tram.
Samedi : la rive gauche à pied
Commencez par le carré que tout le monde photographie : la place de la Bourse, ses façades du XVIIIe siècle, et face à elle le miroir d'eau. Ce bassin de quelques centimètres de profondeur reflète les façades et se transforme par moments en nappe de brume. Le matin, avant l'arrivée des groupes, c'est là que la ville est la plus belle.
Remontez ensuite par le quartier Saint-Pierre et ses ruelles médiévales, jusqu'à la Grosse Cloche, l'une des rares portes de ville encore debout. La rue Sainte-Catherine, longue artère piétonne et commerçante, mène vers la cathédrale Saint-André. Son clocher séparé, la tour Pey-Berland, se monte à pied et offre l'une des meilleures vues sur les toits.
Pour déjeuner, filez au marché des Capucins, « le ventre de Bordeaux », où l'on mange des huîtres du bassin d'Arcachon au comptoir. L'après-midi, le quartier Saint-Michel, sa basilique et sa flèche isolée montrent un visage plus populaire et cosmopolite de la ville. Comptez une dizaine de kilomètres à pied sur la journée : de bonnes chaussures valent mieux qu'un ticket de tram.
Passer la Garonne à pied, revenir en bateau
En fin d'après-midi, traversez le fleuve par le pont de pierre. Construit entre 1810 et 1822 sur ordre de Napoléon, long de 487 mètres, il est réservé depuis 2018 aux piétons, aux vélos et aux transports en commun. Un chantier de consolidation y est mené jusqu'en 2029, mais le passage reste ouvert à pied et à vélo, et la vue sur les quais au coucher du soleil y est la plus belle de Bordeaux.
Sur la rive droite, le quartier de la Bastide se visite à pied, du jardin botanique qui longe les quais jusqu'à l'écosystème Darwin. Cette ancienne caserne militaire réhabilitée accueille des ateliers, un skatepark, une épicerie bio et un restaurant installé dans les anciens magasins.
Pour rentrer, la navette fluviale du réseau TBM relie les deux rives et dessert plusieurs pontons le long de la Garonne, avec un ticket de tram classique. C'est le moyen le plus agréable de voir la ville depuis l'eau, sans payer une croisière.
Dimanche : les Chartrons et les Bassins à flot
Le dimanche matin appartient aux Chartrons. L'ancien quartier des négociants en vin aligne ses antiquaires, ses cafés et ses boutiques de créateurs autour de la rue Notre-Dame. Sur le quai voisin, le marché des Quais réunit producteurs et écaillers : c'est le rendez-vous dominical des Bordelais, à faire avant midi.
Plus au nord, le tram B conduit en quelques arrêts à la Cité du Vin, qui raconte le vin à travers les cultures du monde. Juste à côté, le quartier des Bassins à flot mêle architecture contemporaine et vestiges portuaires. L'ancienne base sous-marine y abrite les Bassins des Lumières, l'un des plus grands centres d'art numérique au monde.